Marché du numérique en France : bilan 2025 et perspectives 2026 (NUMEUM)

22.01.2026

Par Alyssa Batafoe

Dans un contexte économique et géopolitique instable, NUMEUM publie son analyse 2025 du marché du numérique en France et ses perspectives pour 2026. Croissance contrastée, montée en puissance de l’IA et enjeux de souveraineté redessinent le secteur. Décryptage des tendances clés pour les décideurs publics et privés.

Un marché du numérique sous tension dans un contexte instable

L’analyse 2025 du marché du numérique publiée par NUMEUM s’inscrit dans un contexte instable.
Les tensions géopolitiques durables, les incertitudes économiques et l’instabilité politique française pèsent sur l’investissement.
Dans ce cadre, trois prises de conscience majeures structurent aujourd’hui les réflexions des acteurs du numérique en France et en Europe.

La première prise de conscience concerne la perte de compétitivité de l’économie européenne. Elle s’explique par une réglementation complexe, un marché fragmenté et un déficit d’investissement.
La seconde tient à la transformation fulgurante induite par l’IA, qui modifie en profondeur les modèles économiques, les organisations et les chaînes de valeur.
Enfin, la troisième met en lumière la dépendance technologique vis-à-vis des acteurs américains, devenue un enjeu stratégique et souverain.

Face à ces constats, NUMEUM insiste sur une conviction forte : la nécessité de jouer collectif. Le secteur reste en effet très fragmenté et atomisé, ce qui complique l’émergence d’une filière lisible et structurée à l’échelle nationale et européenne.

Les DSI entre prudence budgétaire et transformation ciblée

Malgré un environnement incertain, les budgets IT continuent de progresser. 64 % des DSI déclarent un budget en hausse pour 2025, porté à la fois par des effets inflationnistes et par une augmentation du nombre de projets.

Cette hausse ne se traduit toutefois pas par une dispersion des investissements. Les priorités des DSI en 2025 sont clairement identifiées :

  • la sécurité des systèmes d’information (50 %)
  • l’amélioration de l’expérience client (46 %)
  • l’IA générative (43 %)
  • l’analyse des données (38 %)
  • la réduction et l’optimisation des budgets IT (35 %)

Ces arbitrages traduisent une approche plus sélective : les projets doivent démontrer rapidement leur valeur, tant en matière de performance que de maîtrise des coûts.

2025 : des premiers signaux de reprise en fin d’année

Après une année 2024 marquée par un ralentissement, le marché du numérique en France progresse de 2 % en 2025. Il atteint 72,2 milliards d’euros.
Les prévisions du premier semestre étaient plus prudentes (+1,8 %), confirmant une amélioration progressive de la dynamique en fin d’année.

Cette croissance reste toutefois contrastée selon les segments :

  • les éditeurs de logiciels et plateformes enregistrent une croissance soutenue de +8,2 %, à 29,1 Md€
  • les ESN reculent de -1,8 %, à 34,3 Md€
  • le conseil en technologies diminue de -2,5 %, à 7,7 Md€

NUMEUM observe néanmoins une inflexion positive dans les indicateurs opérationnels des services, suggérant un possible retournement de cycle.

Emploi numérique : stabilisation après un ralentissement marqué

Le numérique demeure l’un des secteurs les plus créateurs d’emplois sur les vingt dernières années, avec une hausse de 50 % des effectifs en dix ans.
Le ralentissement de 2024 a toutefois entraîné la suppression d’environ 7 500 emplois.

En 2025, les recrutements se stabilisent, avec une dynamique proche de celle observée en 2024. Cette prudence reflète les arbitrages économiques en cours, mais aussi l’évolution des compétences recherchées, notamment autour de l’IA et de l’automatisation.

L’IA générative, désormais perçue comme un levier de croissance

L’IA générative n’est plus seulement un sujet d’expérimentation. 40 % des entreprises du numérique constatent un impact positif sur leurs marges et leur chiffre d’affaires.

Les principaux leviers identifiés sont :

  • la création de nouvelles offres basées sur l’IA, ouvrant de nouveaux marchés (65 %)
  • l’accélération des cycles de delivery, permettant de livrer davantage de projets (58 %)
  • la réactivité accrue aux appels d’offres, améliorant les taux de gain (54 %)
  • la personnalisation des solutions clients, favorisant l’up-sell (44 %)
  • l’amélioration de la satisfaction client, renforçant la fidélisation (42 %)

Les impacts négatifs restent minoritaires et concernent principalement la pression sur les prix et la valorisation de l’expertise humaine.

Souveraineté numérique : de la prise de conscience aux premiers investissements

La question de la souveraineté devient progressivement opérationnelle. 42 % des entreprises du numérique accompagnent désormais leurs clients sur ces enjeux.

En 2025, les projets de souveraineté représentent en moyenne entre 150 000 et 200 000 €. La majorité des entreprises en réalisent toutefois encore peu.
Les projets portent principalement sur le conseil stratégique, la migration vers des clouds souverains, le choix de solutions conformes et la cybersécurité.

ESN : un marché sous pression et en recomposition

Le marché des entreprises de services du numérique reste en difficulté en 2025. Tous les métiers sont affectés, à l’exception du business process outsourcing, qui progresse légèrement.

Les principaux freins identifiés sont la situation économique des clients (84 %) et le contexte géopolitique international (39 %). Cette situation entraîne une bascule des dépenses des DSI vers les éditeurs, des projets plus courts et plus orientés optimisation, ainsi qu’une montée du nearshore et de l’offshore.

Pour s’adapter, les ESN privilégient la formation interne, le recentrage sur les comptes stratégiques, le pilotage fin du pipe commercial et l’automatisation via l’IA.

Ingénierie et conseil en technologie : une année encore difficile

Le conseil en technologie recule à 7,7 Md€ en 2025. Cette baisse s’explique par la réduction ou l’arrêt de projets R&D et par des arbitrages budgétaires défavorables.
Les secteurs automobile, aéronautique et télécoms restent majoritaires, mais affichent des croissances négatives en 2025. Une légère amélioration est toutefois attendue en 2026.

Éditeurs et plateformes : le moteur structurel du marché

Les éditeurs de logiciels et plateformes confirment leur rôle de moteur du marché, portés par le SaaS, le cloud et les exigences réglementaires (NIS2, IA Act, RGAA).
La part des nouveaux projets en SaaS atteint 77 % en 2025, contre 53 % en 2021.

L’IA générative permet également des gains de productivité significatifs, estimés à 12,5 % en 2025 et 17 % attendus en 2026.
En revanche, NUMEUM souligne un retard structurel sur l’accessibilité, la moitié des éditeurs ne maîtrisant pas encore les référentiels RGAA.

2026 : un retour à une croissance plus franche

sNUMEUM anticipe une croissance de 4,3 % du marché en 2026, pour atteindre 74,3 Md€. La reprise des services, la montée en puissance de l’IA générative et le développement des projets de souveraineté devraient soutenir cette dynamique.

Les secteurs public, énergie, commerce et transport figurent parmi les plus porteurs.
Ils confirment le rôle structurant du numérique dans la transformation des politiques publiques et des services essentiels.

À retenir

L’analyse NUMEUM met en évidence un marché du numérique en recomposition.
Il devient plus sélectif, plus stratégique et de plus en plus structuré autour de l’IA, de la souveraineté et de l’efficacité opérationnelle.

Pour les décideurs publics et éducatifs, ces tendances offrent une grille de lecture précieuse pour anticiper les choix technologiques à horizon 2026, dans un contexte où la maîtrise, la résilience et la responsabilité numérique deviennent centrales.

FAQ

Les travaux de NUMEUM offrent une lecture macro-économique du marché du numérique en France. Pour les collectivités et les acteurs de l’éducation, ils permettent d’anticiper les évolutions budgétaires, technologiques et réglementaires qui impactent directement les projets numériques (équipements, infrastructures, services, sécurité).

Oui. En 2025, le secteur public affiche déjà une croissance positive (+0,5 %) et NUMEUM anticipe une accélération en 2026 (+1,9 %). Cette dynamique s’explique par la poursuite des projets de transformation numérique, les enjeux de modernisation des services publics et les investissements liés à l’éducation et à l’inclusion numérique.

> En savoir plus sur nos engagements en faveur de l'égalité et l'inclusion

L’analyse de NUMEUM met en évidence une attente forte des décideurs publics : des projets numériques plus structurés, mieux gouvernés et techniquement maîtrisés. Dans le secteur éducatif, cela se traduit par la nécessité de limiter la fragmentation des outils, d’assurer leur compatibilité avec les infrastructures existantes et de garantir une continuité entre équipements, logiciels et usages pédagogiques.

Des approches intégrées, combinant matériel, environnement logiciel et services d’accompagnement au sein d’un même écosystème, répondent à ces enjeux en simplifiant le déploiement, la maintenance et le pilotage des projets numériques à l’échelle d’un territoire ou d’un établissement.

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Indirectement mais clairement. L’industrialisation de l’IA générative impacte déjà les éditeurs de logiciels, les méthodes de delivery et les attentes des utilisateurs. Pour les décideurs publics, l’enjeu n’est pas seulement technologique, mais aussi éthique, pédagogique et organisationnel, notamment dans les usages à l’école.

NUMEUM souligne une prise de conscience croissante de la dépendance technologique européenne, accentuée par le contexte géopolitique et la domination d’acteurs extra-européens. Pour les collectivités et le secteur éducatif, la souveraineté numérique recouvre des enjeux concrets : hébergement des données, conformité réglementaire, cybersécurité, mais aussi capacité à maîtriser les choix technologiques dans la durée.

Dans ce contexte, le recours à des acteurs français proposant des solutions conçues, hébergées et opérées en France constitue un levier pour renforcer la résilience des systèmes numériques publics, tout en répondant aux exigences croissantes en matière de sécurité et de responsabilité.

> En savoir plus sur nos engagements en faveur de la souveraineté numérique

Les perspectives 2026 indiquent un retour à une croissance plus soutenue et une augmentation des investissements IT. Pour les décideurs publics, s’appuyer sur des analyses sectorielles comme celles de NUMEUM permet de mieux planifier les projets, d’anticiper les évolutions du marché et de faire des choix éclairés, durables et responsables.

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