Souveraineté numérique à l’école : l’Appel des communes engagées pour les municipales

11.02.2026

Par Alyssa Batafoe

La souveraineté numérique à l’école devient un enjeu central à l’approche des élections municipales. Former les élèves au numérique, protéger leurs données et soutenir l’économie locale ne sont plus des sujets distincts. Ils sont liés. UNOWHY lance l’Appel des communes engagées pour inviter les maires et candidats à faire du numérique éducatif un levier de réussite scolaire, d’indépendance technologique et de développement territorial.

Pourquoi la souveraineté numérique à l’école est-elle devenue un enjeu stratégique ?

La souveraineté numérique à l’école concerne à la fois la réussite des élèves, la protection des données et l’autonomie économique du pays.

Aujourd’hui :

  • 80 % des dépenses européennes en logiciels et services numériques sont dirigées vers des entreprises non européennes (Asterès, Cigref, 2025).
  • Les collectivités françaises dépensent 1,5 milliard d’euros par an en solutions numériques étrangères (Intercommunalités de France, 2025).
  • 82 % des Français jugent important l’enseignement du numérique à l’école (Réseau Canopé, 2022).

Dans le même temps, les tensions géopolitiques et les alertes répétées sur la protection des données rappellent une réalité : l’équipement numérique scolaire n’est pas neutre.

Il engage des choix durables.

Équiper ses écoles : un choix pédagogique, économique et politique

Équiper une école ne consiste pas à acheter du matériel. C’est structurer un environnement d’apprentissage.

Les études internationales montrent un lien clair entre accès au numérique et performance scolaire.
Selon l’OCDE (PISA 2022), les élèves utilisant régulièrement des outils numériques en classe obtiennent en moyenne 22 points de plus en mathématiques.

En France, les collégiens disposant d’un équipement individuel affichent des résultats supérieurs de 14 % en moyenne en français, mathématiques et compétences numériques (DEPP, 2021).

Mais l’enjeu dépasse la pédagogie.

Un marché public numérique influence :

  • l’emploi local,
  • la capacité d’innovation du territoire,
  • la maîtrise des données des élèves,
  • la qualité de l’accompagnement des enseignants.

À l’approche des municipales, ces décisions prennent une dimension stratégique.

Que propose l’Appel des communes engagées ?

L’Appel des communes engagées invite les élus et candidats à formaliser un engagement clair autour de cinq priorités :

  • Former les jeunes aux compétences numériques essentielles.
  • Protéger les données des élèves par des solutions conformes au droit européen.
  • Privilégier, dans le respect de la commande publique, les acteurs créateurs de valeur sur le territoire.
  • Soutenir l’emploi local et la réindustrialisation.
  • Exiger un accompagnement réel pour les enseignants et les équipes éducatives.

L’objectif n’est pas d’imposer un fournisseur.
Il s’agit de rappeler que les critères de qualité, de souveraineté et d’accompagnement peuvent être intégrés dans les marchés publics.

Le document complet détaille ces engagements et les leviers concrets mobilisables par les collectivités.

> Télécharger l’Appel des communes engagées
> Signer l’Appel via le formulaire dédié

Les règles de la commande publique permettent-elles d’agir ?

Oui.

Le Code de la commande publique autorise l’intégration de critères qualitatifs, environnementaux et sociaux.

Une collectivité peut notamment valoriser :

  • la qualité de l’accompagnement proposé,
  • la localisation du service après-vente,
  • la protection des données,
  • l’impact environnemental,
  • la capacité d’adaptation aux besoins locaux.

Le prix ne doit pas être le seul critère.

Il est également possible :

Les choix d’équipement numérique relèvent donc d’une stratégie, pas uniquement d’un arbitrage budgétaire.

Municipales 2026 : une décision locale, un enjeu national

Les achats publics représentent 14 % du PIB français.
Ils constituent un levier économique majeur.

Dans le domaine scolaire, la responsabilité est partagée :

  • L’État définit les programmes et forme les enseignants.
  • Les collectivités financent les équipements.

Les maires disposent donc d’une marge de manœuvre réelle pour orienter leurs choix.

Choisir un modèle d’équipement numérique pour ses écoles, c’est :

  • investir dans la réussite des élèves,
  • renforcer la résilience technologique,
  • soutenir une filière industrielle,
  • protéger durablement les données publiques.

Les prochaines élections municipales offrent l’opportunité d’inscrire ces priorités dans les projets locaux.

Rejoindre le mouvement des communes engagées

L’Appel des communes engagées s’adresse aux maires et candidats souhaitant :

  • structurer une stratégie numérique éducative cohérente,
  • renforcer la souveraineté numérique à l’école,
  • concilier performance pédagogique et impact territorial.

> Télécharger le document complet
> Signer l’Appel ci-dessous et rejoindre le réseau des communes engagées

FAQ

Le Code de la commande publique impose l’égalité de traitement des candidats. En revanche, il autorise l’intégration de critères liés à la qualité, à l’impact environnemental, à la protection des données ou à la localisation du service après-vente. Ces éléments peuvent favoriser des acteurs créateurs de valeur locale, sans contrevenir au droit.

Les équipements scolaires traitent des données sensibles : identité des élèves, résultats, contenus pédagogiques. Choisir des solutions opérées sous juridiction française ou européenne permet de garantir leur protection et leur conformité au RGPD.

Les études de l’OCDE (PISA 2022) et de la DEPP (2021) montrent un impact positif lorsque le numérique est utilisé dans un cadre pédagogique structuré. Les résultats varient selon la qualité de l’accompagnement et des usages.

La performance d’un projet numérique ne se mesure pas uniquement au coût d’achat. La formation, la maintenance, la durée de vie des équipements et la protection des données doivent être intégrées dans l’analyse globale.

Selon la Banque des Territoires (2024), 31 % des collectivités identifient le manque de formation comme principal frein au développement du numérique éducatif. Sans accompagnement, l’équipement reste sous-utilisé.

Ressources

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